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Esther & Paul : « L’art devrait être intuitif et non cérébral »

8 avril 2025

Esther, fondatrice de la galerie Esther & Paul dans le quartier de l’Odéon à Paris, dévoile sa vision décomplexée de l’art et son approche libre et engagée. Cet été, un espace est dédié à son univers et à quelques-uns de ses artistes à la Samaritaine. De quoi s’initier à l’art en toute légèreté !

Comment est née Esther & Paul ?

« J’étais juriste mais je me cherchais professionnellement. J’ai opéré ce changement brusque en écoutant mes intuitions ! C’est notamment la traduction de l’éducation que j’ai reçue : une attirance pour l’entrepreneuriat liée à des parents en libéral, et un goût pour l’art puisqu’ils nous emmenaient beaucoup dans les musées. Ils nous ont transmis une façon de regarder la beauté du monde, et une ouverture sur la culture au sens large. Et puis j’ai rencontré Paul après ma vie d’étudiante, il était collectionneur et très vite, nous avons mûri l’idée d’une galerie différente, grand public. Après plusieurs pop-ups, Paul est retourné à temps plein à sa vie professionnelle et j’ai ouvert seule la première boutique permanente au 17 rue de l’Odéon à Paris. Mais j’ai tout de même voulu garder ce nom ».

Vous vous définissez comme une galerie « alternative », pouvez-vous nous expliquer votre vision ?

« Le marché de l’art est très codifié, il fallait inventer une manière de nous présenter dans ce milieu, trop souvent inhospitalier et snob, alors que l’art est instantané, universel et devrait donc rassembler plutôt qu’exclure. Et cela se retranscrit à travers des éléments concrets : un accueil chaleureux, des prix affichés, un éclectisme dans l’accrochage pour montrer que les œuvres peuvent dialoguer entre elles, mais aussi une spontanéité sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, nous montrons les encadrements, les coulisses de la galerie, nos clients chez eux avec les œuvres… C’est très incarné. »

Comment décririez-vous votre sélection ?

« Nous proposons une approche décomplexée de l’art. Nous voulons surprendre, montrer un art qui vit avec les gens, auprès duquel on se sent bien. Nous proposons autant de figuratif que d’abstrait, autant de contemporain que de vintage. Le goût Esther & Paul est coloré, féminin, parfois mélancolique. C’est très instinctif, je me dis que si un artiste me touche, ça va plaire à mon public. »

Qu’incarne la Samaritaine pour vous ?

« C’est le luxe et l’élégance à la française ! Je vois la Samaritaine un peu comme une vigie à la proue d’un bateau. Elle est au centre de Paris, sur la Seine, on dirait une femme élégante dans ses vêtements Art Déco, une protectrice qui observe la capitale. La beauté de cette rénovation me subjugue. C’est une fierté d’exposer là-bas. »

Que va-t-on trouver au pop-up de la Samaritaine ?

« C’est un bel espace, avec un mur dédié à la galerie, des présentoirs, des malles aux trésors et des chevalets pour montrer les œuvres. L’inspiration est celle d’un atelier d’artiste bohème, pour inviter les gens à regarder, à fouiller. On retrouve une sélection d’œuvres contemporaines et vintage. Certains artistes ont travaillé spécialement pour cet événement, comme par exemple Damilola Ilori. À 29 ans, cet artiste nigérian fait des portraits de femmes aux regards saisissants. »

Que voulez-vous transmettre aux visiteurs ?

« De l’enthousiasme, de la joie, l’envie de s’offrir une œuvre unique et de la couleur dans la vie ! J’espère créer la surprise – trouver une galerie d’art dans un grand magasin, ce n’est pas commun – et que cela les incitera à sauter le pas de s’acheter une œuvre d’art et de passer le seuil des galeries. »

Que vous inspire le thème « Paris Gonflé » ?

« De l’audace ! Je trouve qu’il illustre l’humour à la française, on ne se prend pas au sérieux tout en étant dans le temple du luxe. En art aussi je cherche la légèreté, cela devrait être intuitif et non cérébral. »

Votre prochaine audace artistique ?

« Continuer à faire sortir les œuvres de la galerie, les mettre en mouvement ! Je ne sais pas quelle forme cela prendra. Promouvoir de l’art me confère une liberté infinie et c’est là toute la force de l’art et toute ma joie ».