La Samaritaine, une histoire parisienne

Au cœur de Paris, au pied du Pont-Neuf, faire ses achats à la Samaritaine suscitait de nouvelles envies. Les parisiens profitant du boom économique du Second Empire, le grand magasin Samaritaine s’est affirmé comme le symbole du progrès.

Le cœur de Paris

À la fin du 19e siècle, les Halles sont le ventre de Paris, la Samaritaine en est le cœur. Louvre, Pont-Neuf, Rivoli, Île de la Cité, le tout-Paris se presse depuis toujours au pied de la Samaritaine. On vient flâner le long de la Seine, découvrir les magasins de nouveautés, se retrouver dans les cafés, s’embrasser sous les marronniers. L’âme de Paris palpite ici avec cette foule hétéroclite, bourgeoise et populaire. La Samaritaine y vibre au rythme des influences du monde entier. Elle est au centre du triangle d’or de la culture, de la mode et de la création. Jeune, vivante et sexy, elle attire la terre entière. Aujourd’hui comme hier, tout le monde se retrouve à la Samaritaine.

Un esprit populaire

« On trouve tout à la Samaritaine » ! Le célèbre slogan a longtemps fait vibrer le cœur des parisiens. Depuis toujours, le magasin s’est distingué des autres grands magasins par son esprit anticonformiste. On y venait faire ses achats parce qu’on était certain de passer un moment récréatif.

La mode

Paris, 1855. Jeune vendeuse dans un magasin de nouveautés, Marie-Louise se passionne pour la mode : habiller les femmes, vendre et créer des modèles simples et abordables pour toutes. Des années plus tard, elle réalise son rêve. À la Samaritaine, la mode est à la portée de tous. Toujours à l’avant-garde, Marie-Louise innove. Les Parisiennes vont désormais essayer, échanger, commander sur catalogue, se faire livrer à domicile. Elles sont conseillées, choyées, des nouveautés arrivent tous les jours, et toutes les familles ont droit. Mesdames, ce magasin est le vôtre. La Samaritaine devient le temple de la mode féminine. Aujourd’hui, fidèle à cette passion, la Samaritaine rouvre ses portes à la mode, à la création, et aux Parisiennes et Parisiens du monde entier.

La Samaritaine a toujours été en avance sur son temps et a surpris avec ses publicités amusantes et décalées, ses événements et ses lumières sur la Seine. Pour véhiculer cet esprit de fête, la Samaritaine a brillé par sa créativité et son humour. Sont restés dans l’imaginaire des Parisiens, quelques films emblématiques mettant en scène King-Kong, la reine d’Angleterre ou même un éléphant rose…

Samaritaine à tout prix

À droite, le Parisien, Radio, derrière vous la Cité des libertés humaines. Recevant les palettes Chaillot, elle fut construite pour l’exposition de 1889. Au loin, vous pouvez apercevoir Montmartre et le Pont de l’Alma. Et devant vous, le bonheur sans… [Applaudissements] Paris, si messieurs dames, si vous ne savez pas nager, prenez le métro. Les stations Louvre, Châtelet, Pont-Neuf desservent la Samaritaine.

La légende de Cognacq-Jaÿ

Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ ont marqué l’histoire du commerce. D’emblée, le couple se révèle redoutablement doué pour les affaires et crée un empire commercial dont la réputation dépasse largement les frontières françaises. Si la Samaritaine devient une formidable réussite, c’est grâce à l’énergie débordante de ce couple mythique. D’origine modeste, ils sont un exemple remarquable d’ascension sociale. Travailleurs et organisés, Ernest est surnommé “Père Laborem” (en latin, “par le travail”!) et on dit de Marie-Louise qu’elle est “taillée dans le roc”.

Ernest s’est d’abord installé sur le Pont Neuf. Situé à deux pas des Halles et en face du magasin ‘La Belle Jardinière’, le quartier est fréquenté par les badauds et les domestiques qui traversent le pont tous les jours. Il attire les foules avec ses histoires amusantes. Il est rapidement considéré comme le meilleur vendeur du quartier. Il comprend alors qu’il faut poursuivre son développement à cet emplacement idéal.

Plus tard, il décide avec Marie-Louise, d’ouvrir une boutique spécialisée dans la confection dans le café à l’angle de la rue de la Monnaie et du Pont Neuf. Ils l’appelleront « la Samaritaine ». Les clients arrivent par centaines ! C’est un grand succès et le début d’une grande aventure…

Venir à la Samaritaine

Coup de foudre

La Samaritaine, c’est l’histoire d’une passion. Ernest et Marie-Louise, deux provinciaux de 15 ans, montaient à Paris au 19e siècle, des rêves plein la tête. C’est l’essor du commerce, le pari des grands magasins. Ernest vend des étoffes sur le Pont Neuf, Marie-Louise est première vendeuse dans un magasin de nouveautés. De leur coup de foudre et de leur audace naîtra une petite boutique de 47 mètres carrés ouverte en 1870, et sur laquelle ces visionnaires de génie bâtiront un empire. Dans les années 20, le magasin s’étend sur 47 mille mètres carrés et emploie 8000 personnes. Une success story à la française.

Architecture

Une architecture d’avant-garde. Dès ses débuts, la Samaritaine se démarque grâce aux idées nouvelles des architectes Frantz Jourdain puis Henri Sauvage. Poussés par un vent de modernité, Ernest Cognacq et Marie- Louise Jaÿ rêvent d’un temple innovant dédié à la parisienne active.

La rénovation. Un chantier de plusieurs années pour faire renaître le mythique grand magasin parisien et ses décors Art Déco et Art Nouveau. Aujourd’hui, comme autrefois, la Samaritaine surprend par son modernisme et sa façade ultra-innovante.

La Samaritaine au cœur de l’histoire. Au cœur de Paris, au pied du Pont-Neuf, la Samaritaine est une figure emblématique. Durant le Second Empire, elle devient un symbole de progrès et offre une expérience shopping unique et prisée.

Les grandes dates

  • Henri IV fait construire par l’ingénieur Jean Lintlaër, au niveau de la deuxième arche du Pont-Neuf en construction jusqu’en 1607, une pompe aspirant l’eau de la Seine et approvisionnant le quartier du Louvre, ornée d’une statue représentant la figure évangélique de la Samaritaine du puit de Jacob.

    Plusieurs fois restaurée et reconstruite en 1772, la pompe et sa statue sont démolies en 1813. Des bains publics flottants les remplacent.

  • Ernest Cognacq s’installe rue du Pont-Neuf et baptise sa boutique la Samaritaine. Il dépasse un million de francs de chiffre d’affaires en 1875.

  • Ernest Cognacq épouse Marie-Louise Jaÿ, ancienne première vendeuse du rayon des confections du Bon Marché.

  • Dans la partie nord de l’ilôt délimité par la rue de la Monnaie, la rue Baillet, la rue de l’Arbre-Sec et la rue des Prêtres Saint-Germain l’Auxerrois, Ernest Cognacq acquiert progressivement des parcelles, et reconstruit systématiquement les bâtiments existants pour les remplacer par des surfaces de vente.

    Dans la partie sud de l’ilôt, il confie à l’architecte Frantz Jourdain la conception et la construction d’un bâtiment à charpente métallique en acier riveté comprenant une vaste verrière et un programme ornemental de style Art Nouveau.

    La partie Nord et la partie Sud de l’ilôt sont unifiées par les façades en verre et acier ornées de panneaux polychromes en lave émaillée.

  • Ernest Cognacq confie à Frantz Jourdainen outre la construction en 1917, d’une Samaritaine de luxe boulevard des Capucines, qui accueille ses collections d’art du XVIIIe siècle, données à la Ville de Paris à sa mort et exposées au Musée Cognacq-Jaÿ aujourd’hui.

  • L’architecte Henri Sauvage supervise la construction du bâtiment Art Déco en gradins sur la Seine. Ernest Cognacq, qui meurt en 1928, ne verra pas son achèvement. La Samaritaine dépasse en 1925 le milliard de francs de chiffre d’affaires.

    Le grand magasin connaît son apogée : outre le grand magasin de nouveautés (articles féminins et masculins, draperie et décoration d’intérieur, articles de voyage, plantes et fleurs, livres, pianos…), elle rassemble des comptoirs de pâtisserie, confiserie et dégustation de produits de toutes les régions de France, ainsi qu’une cave réputée ; ses grandes parades et fêtes sont très appréciées des Parisiens tout au long de l’année. Elle est, pour tous, la « Samar », que célèbre André Suarès en 1934

  • Acquisition de la Samaritaine par LVMH à hauteur de 55%.

  • Fermeture de la Samaritaine par décision de la Préfecture
de Police pour des raisons de sécurité.

  • Un comité de site est constitué en vue de définir un programme pour la nouvelle Samaritaine, permettant de définir un projet mixte associant grand magasin, bureaux, palace, logements et crèche, dans le strict respect des exigences de la sécurité et de valorisation du patrimoine architectural existant.

  • L’agence d’architecture japonaise Sanaa est désignée pour assurer la conception générale de la nouvelle Samaritaine, incluant la réalisation d’un bâtiment neuf côté Rivoli.

  • Acquisition totale de la Samaritaine par LVMH.

  • Les études techniques et travaux préalables sont lancés jusqu’à obtention des autorisations administratives.

  • Les travaux de rénovation sont effectués pour les différents bâtiments de la Samaritaine.

  • La Samaritaine réouvre ses portes au public.

Le logo de la Samaritaine

Le logo Samaritaine, ses 150 ans d’histoire et d’architecture. Une architecture unique, Art Nouveau, Art Déco. De style, nos architectes. L’exubérance Art Nouveau de Jourdain et l’asymétrie de Courtois. Sauvage, fantaisie et géométrie, le logo sur l’évolution des bâtiments. La lettre des caractères qui se stylisent au fil du temps jusqu’à l’esthétique épurée, élégante et chic, sobre et raffinée d’aujourd’hui. Adossé aux lettres, une arche hybride renforce les références supplémentaires aux bâtiments sauvages par dépôt. Le logo, c’est aussi le glamour d’une adresse magique. Paris Pont Neuf, Paris Pont Neuf, le doyen des ponts parisiens. L’union des deux rives de la Seine, rive droite, rive gauche, libre, inspirante, ludique, ancrée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. Le logo se décline, se partage, s’anime, se twiste, toujours en mouvement, hommage au patrimoine. Le logo Samaritaine est à la hauteur du mythe.

Nouvelle identité

Le logo de la Samaritaine se réinvente ! Ses courbes et son esthétique élégante rendent hommage à l’architecture iconique d’un lieu incontournable au cœur de Paris. Un trait d’union éternel entre la Rive Gauche et la Rive Droite qui révèle les multiples facettes de notre Paris chéri.

Jaune et gris, couleur soleil et toits de Paris. Un duo irrésistible et inséparable a pris ses quartiers à la Samaritaine il y a 150 ans et ne l’a plus jamais quitté.

Le pattern Samaritaine se décline au fil des saisons, et se transforme dans l’œil des artistes en restant toujours chic, libre et décalé, comme une Parisienne. Il s’étire, se twiste et se déforme pour révéler à chaque détour une nouvelle facette : c’est un living pattern !

Les couleurs de la Samaritaine

Jaune et gris. Couleur soleil et toits de Paris, mais surtout couleurs historiques de la Samaritaine. Jaune des fresques Jourdain, céramique en émail et feuilles d’or qui illuminent la Samaritaine. Ou gris recouvrant les structures Eiffel à l’intérieur du magasin, un gris métal clair bleuté exaltant le jaune orangé pétillant, intense et généreux. Jaune et gris, le feu et la glace, un duo de couleurs inséparables et complémentaires depuis 150 ans.

Le pattern de la Samaritaine

Le pattern Samaritaine, un motif qui a du caractère. Chic, libre et décalé comme une Parisienne. À la fois Art Déco, Art Nouveau, pas contemporain. Une arche Art Déco aux angles vifs encadre le « S » qui se répète en rythme. Un motif végétal puisé dans les racines de l’Art Nouveau. À portée du sensible et de l’émotion, le pattern vivant, riche, créatif et moderne. C’est un living pattern qui s’offre aux artistes d’aujourd’hui. Il évolue en permanence, rien de figé, rien de secret. C’est en transgressant le « S » qu’on le respecte. Le pattern twist, le pattern gourmandise. Urbain, brillant, cosmopolite, rock, rouge, blanc, fun, le pattern partout.